Bliss : Barbie contre-attaque !
Il est de ces films qu’on a envie d’aller voir de nos propres yeux, avant de lire toute critique, sans vraiment savoir pourquoi. Une affiche squattant les bus parisiens ? Une actrice principale au charme fou ? Une réalisatrice qu’on a envie de voir réussir ? Sûrement un peu de tout ça dans ma présence dans la queue du ciné mercredi dernier pour une séance de Bliss.

Premier long métrage derrière la caméra de Drew Barrymore, Bliss (Whip It en VO) suit les pas d’une ado du Texas. Par tous les moyens, Bliss Cavendar cherche à échapper à sa petite ville perdue et à sa mère qui est convaincue que sa seule chance de réussir dans la vie est de gagner des concours de beauté locaux. Pas vraiment le genre de Bliss. Alors lorsqu’elle découvre par hasard, dans la grande ville d’Austin, le « roller derby », c’est une vraie révélation. Emportée par cette discipline, elle va devenir « Babe Ruthless » au sein de l’équipe des « Hurl Scouts » et profiter de son affirmation sur la piste pour s’affirmer dans la vie.
J’entrais dans la salle sans trop savoir de quoi il s’agissait. Le thème du roller avait bien dû s’inscrire quelque part dans mon esprit mais à part ça le pitch restait une inconnue. Pour mettre tout de suite les choses au clair la trame du scénario n’a rien d’extraordinaire : une ado qui se rebelle et mûrit à travers sa passion, on connaît. La vraie originalité de Bliss se situe donc dans le « derby roller » ! Un sport inconnu pour la grande majorité d’entre nous ; un sport rapide, violent et pratiqué par des filles, quoi de mieux pour le cinéma ? Et Drew Barrymore nous en offre de superbes images, ce qui ne gâche rien. Le choix de ce sport illustre parfaitement le ton général du film, un film adulte sur une ado. Ici pas de cheerleader ou de quarterbarck (ou presque) mais plutôt l’ado moyenne, qui travaille pour son argent de poche ; dans la veine de cette nouvelle génération de films « indépendants » US que j’aime tant. Un film adulte parce qu’il y est question de choix de vie, d’avenir, d’accomplissement personnel. Un film adulte où les relations parents/enfant ne sont pas non plus caricaturales.

Si la trame du scénario est donc assez commune, ce sont ses détails et le traitement offert par Drew Barrymore qui lui apportent son originalité et toute sa saveur. Sans bien-sûr oublier les acteurs, tous justes, de l’actrice principale aux nombreux secondaires. Ellen Page, découverte dans Juno, est de retour dans le rôle titre, inutile de vous dire qu’elle va s’installer durablement dans nos salles obscures. Drew Barrymore s’est réservée un petit rôle assez fun. Les amateurs du Saturday Night Live retrouveront la charmante Kristen Wiig et ne pourront s’empêcher de rire deux fois au « just kidding » glissé au détour d’une réplique. Je ne vous citerais pas tous les personnages secondaires qui rendent ce film aussi savoureux mais ils l’auraient bien mérité.
Bliss est au pire un film très sympa, au mieux un petit bijou. Pas un chef d’oeuvre, en raison d’un scénario pas aussi original qu’on l’aurait voulu, mais certainement une façon parfaite de passer 1h51 pleine de rires, de sentiments et de plaisir.









le 14 janvier 2010, 20:44
Qu’est-ce que tu peux être Fleur bleue !! Et en même temps, t’as réussi à me donner envie de le voir ce film :).
Joli billet, qui montre avec douceur pourquoi les vieilles ficelles fonctionnent toujours, et qui prouve aussi que le scénario ne fait heureusement pas un film à lui tout seul…
Voilà !
le 15 janvier 2010, 0:40
Mais j’assume complètement mon côté fleur bleue ! Une vraie meuf ! ;)
Et oui file au ciné !
le 9 février 2010, 14:41
J’ai beaucoup aimé aussi :)