Skins, la vie par tous les bouts
Une amie m’assénait samedi soir que les séries télés n’étaient pas la vraie vie, comme ça, sans même prévenir, un vrai coup dur. J’avais dû faire une référence de trop, référence tout à fait légitime si je me souviens bien. Vous me direz rien de plus logique que de différencier la fiction de la réalité, et pourtant… Certaines séries font un peu plus que raconter une histoire, elles donnent des indices, enseignent des leçons, montrent le chemin. Et ce n’est pas neuf, Spiderman n’est pas devenu le héros de comics préféré des jeunes américains par hasard, ce sont les aventures de Peter Parker qui font la différence, pas celles de l’araignée masquée. Alors oui, bien-sûr, les séries télés ne sont pas la vraie vie, mais ça n’empêche pas d’en tirer quelques enseignements sur nous-mêmes, les autres, voire la société en général. Et s’il y’en a bien une qu’on aimerait classer au rang de totale fiction mais qui mérite tout de même qu’on s’interroge deux secondes, c’est notre sujet du jour.

Un groupe de jeunes lycéens britanniques de Bristol fait ses premières expériences du monde adulte, en se déchirant autour de sujets comme la religion, la sexualité, la drogue, les déséquilibres alimentaires…
Rock’n'Roll ! Skins est une plongée dans une certaine jeunesse anglaise, une jeunesse déjantée qu’on voudrait purement fictionnelle. C’est d’ailleurs la première impression qu’on peut avoir en débutant la série. Alcool, drogue et sexe sont au coeur des épisodes. On peut craindre de ne voir qu’une bande d’amis flirtant avec les interdits, les limites et les dépassant bien souvent. On pourrait se dire que c’est juste exagéré, que c’est trop trash. Je ne suis pas capable de juger l’état réel de la jeunesse anglaise, et donc la réalité de la représentation qui en est faite. Mais aucune importance. On accroche à Skins, on trouve que c’est too much, et pourtant on sent qu’il y a quelque-chose de plus chez ces ados abîmés. Et petit à petit, épisode après épisode, on rentre dans leur intimité, on découvre leurs faiblesses, les raisons de leur « folie », on ne veut plus les quitter, on espère le meilleur pour eux tout en craignant le pire. On s’attache tout simplement.

Apparue en 2007 sur la chaîne britannique E4, Skins a 4 saisons à son actif. Le lycée reste mais les ados centraux changent entre les 2ème et 3ème saisons, avec des références entre les deux époques et le passage de persos secondaires au premier plan. On retrouve néanmoins le même schéma narratif : une première saison « folle » et une seconde saison beaucoup plus grave et sérieuse. Les problèmes évoluent aussi, même si les thèmes principaux sont toujours là. Reste l’esprit de la série : au plus près des ados ; et cette volonté renouvelée de ne pas se contenter du bordel apparent mais de raconter de vraies histoires personnelles. Je cherchais comment exprimer ce qu’on ressent devant Skins, l’authenticité serait le mot. Pas forcément une image réelle de ce qu’est aujourd’hui la jeunesse anglaise mais des personnages assez profonds pour être vrais.
Inutile de vous dire que si vous avez raté Skins jusqu’à aujourd’hui, vous n’avez plus aucune excuse. Les dvds des premières saisons sont disponibles et vous n’avez pas besoin de moi pour vous expliquer comment obtenir le reste. Vous êtes prévenus, ces ados ne vous laisseront pas indifférents, alors préparez vous à ressentir…








