Foursquare, l’avenir de la géorecommandation ? (part2)
Retrouvez la première partie de cet article : Foursquare, l’avenir de la géorecommandation ? (part1)
L’avenir de Foursquare est sans doute assuré, tant le potentiel est énorme et ses soutiens importants.
Reste à régler la question de la base de données de lieux. Aujourd’hui enrichie par les utilisateurs eux-mêmes, il n’en a pas toujours été ainsi. Le service a d’abord été lancé dans un nombre limité de grandes villes nord-américaines, avant de s’ouvrir aux grandes villes mondiales, puis de passer réellement international en ouvrant totalement la possibilité d’ajouter de nouveaux lieux. En septembre 2009, Vancouver est la première ville a être « peuplée » par les utilisateurs de Foursquare, plutôt que par la start-up elle-même, en prévision des JO d’hiver. Aujourd’hui chacun peut rajouter autant de lieux qu’il le désire ; la procédure est extrêmement simple et sans validation de la part du service. Les utilisateurs peuvent de plus signaler un double, une adresse inexacte, un lieu fermé, afin de tenter de réguler la base de données.

Malheureusement une base laissée entre les mains des utilisateurs, si elle s’enrichit énormément, est très difficile à réguler. Foursquare ne déroge pas à la règle – et il en est sûrement de même pour ses concurrents – on se retrouve avec de nombreux doubles, des adresses ou positions GPS inexactes ; il est souvent difficile de faire un choix pertinent entre plusieurs possibilités pour le même lieu. On peut imaginer que ces problèmes se régleront petit à petit, le nombre d’utilisateurs grandissant et les business locaux se prenant au jeu. Reste que la question est posée : comment assure l’intégrité des données locales, élément essentiel dans la réussite des services géo-localisés ?
Alors que la question tournait dans ma tête, l’exemple d’une brillante réussite d’une base enrichie et administrée par ses utilisateurs s’est imposé : Wikipedia. L’encyclopédie géante et gratuite s’est largement imposée, après des années de discussions passionnées dans les publications les plus sérieuses ou autour de la table des déjeuners familiaux du dimanche. Cette place prédominante dans la gestion de la connaissance est bien-sûr venue de la pertinence des articles proposés (particulièrement dans sa version en anglais), mais aussi de l’impressionnante organisation structurée de ceux-ci (qui bluffe généralement tous ceux qui ont déjà essayé de mettre en place un wiki). Pas de doublons, des catégories claires, une gestion de l’homonymie parfaite ; la sensation d’une structuration supérieure aux encyclopédies traditionnelles et éditorialisées ; l’exemple à suivre. Quand on se plonge un petit peu dans le fonctionnement de Wikipedia, on découvre assez vite que ce fonctionnement repose sur l’action de milliers de contributeurs (bien-sûr) mais surtout « d’administrateurs » ; une véritable hiérarchie existe en coulisse pour s’assurer de l’intégrité des données, de leur véracité, de l’unicité des articles, de la bonne catégorisation et aussi de la résolution des conflits sur un de ces points. Un monde passionnant, où on peut discuter des pages entières d’un point qui semblerait détail à tout utilisateur basique.

Heureusement le monde de la géo-localisation est moins compliqué et une adresse inexacte ne devrait pas provoquer de tels débats. On pourrait donc imaginer une telle base de données de lieux, gérée par des utilisateurs, alimentée et utilisée par les services géo-localisés. Reste qu’il faudrait pour cela que tous les principaux acteurs du secteur se mettent d’accord pour collaborer sur le sujet, et dans un domaine où les données sont le vrai pouvoir, rien n’est moins sûr. Facebook n’est pas près d’ouvrir gratuitement l’accès à son graphe social, pourquoi Foursquare le ferait-elle avec ses lieux ? A moins que l’offensive de Google ne mette tout le monde d’accord ; le géant du web qui a depuis longtemps misé sur le local sans vraiment pousser le sujet plus loin – ils avaient même racheté l’ancêtre de Foursquare, Dodgeball, avant de le laisser mourir – semble vouloir passer la seconde et intégrer la géo-localisation dans son offensive sociale en préparation. On pourrait alors voir évoluer sa base de lieux, Places, déjà utilisée dans Google Maps, vers une intégration des utilisateurs. Et encore c’est sans citer les centaines d’acteurs du secteur à travers le monde qui pourraient avoir leur mot à dire dans les prochains mois.

Si le rêve d’un Wikipedia de la localisation est permis, il est bien plus probable que les utilisateurs soient contraints de choisir leur camp. Personnellement mon choix est fait, pour le moment… Tout va très vite dans le monde du web et du mobile et rien ne dit que je ne serai pas passé chez un concurrent dans quelques mois. Une chose est sûre : les services géo-localisés sont là pour rester et ce n’est que le début de l’aventure.
Disclaimer : cet article a été entièrement rédigé depuis la terrasse de La Contrescarpe, redécouverte et recommandée via Foursquare.









le 10 août 2010, 10:32
[...] deuxième partie de cet article sera en ligne dès demain. Vous pouvez vous abonnez au flux RSS pour être certain de ne pas la [...]